Amour,
J’ai baissé les bras depuis longtemps. Ne reste de la femme de jadis qu’un sourire essayant de défier la multitude des incertitudes qui s’esquissent sur sa vie. Peu à peu, mon soleil a perdu sa chaleur, est descendu de son trône pour s’engloutir dans des océans encore plus menaçants que la foudre qui s’éclate, ravageuse, sans compassion, sur mes nuits hivernales.
Mais, ne t’en fais pas. Je vis…
Je vis dans les méandres des espoirs perdus, enflammés de nos cendres qui, peut être, seraient à jamais si froides.Et je m’aperçois, chaque jour, sur tes routes, cherchant ma voix/e sans jamais son ombre toucher.
Des brins de souvenirs avides d’une ivresse frugale s’entêtent à jaillir de toute part, m’alanguissent. Je lève mes yeux vers le ciel. Une larme coule… Un silence.
Tu sais ?.... L’amour, le vrai, n’a jamais besoin de mots, ni de preuves. Il est là, tout simplement, immense comme l’univers, bruissant de tempêtes calmes comme les mers. A moi, je te l’ai déjà dit, je te le répète aujourd’hui : « Je ne veux rien. Inconditionnel ce que j’ai au fond pour toi. »… Me suffit de sentir ta présence qui, tout comme mon passage dans ta vie, n’est autre qu’une étoile filante, elle aussi…
Tends-moi donc ta main. Qu’elle soit aussi généreuse que ces neiges qui fondent pour rassasier les rivières, qui défient les sécheresses des étés sans cœur. Prends-moi dans une danse éternelle, celle d’une enfant sous la splendeur des pluies inondant l’âme de chaleur.
Et ne dis rien… Ne dis rien…
Juste enlace-moi sous ce ciel sans fin, déchausse-toi des douleurs , des peines… Rejette tes blessures, dénude-toi du monde et glisse…
Sans te précipiter…
Sens les instants…
Recueille-les en poignées…
Dessine sur nos lèvres le rêve…
Le Rêve…
Me manquent tes yeux… Ta voix… Me manque ton Toi…
Mais étoile filante je suis. Destinée à n’être semée que dans l’oubli.
Dis, Amour… Tu m’oublies ?...